dimanche, juin 30, 2013

Échecs et déficits à répétition !


Le défaitisme affiché par les responsables en charge du secteur de l’Enseignement supérieur et des œuvres universitaires de Béjaïa, lors de la dernière session de l’APW, augure d’une rentrée universitaire 2013/2014 chaotique. Déficits en places pédagogiques et en lits, climat délétère dans les cités U et aux campus, conflits avec le voisinage à Sidi Ali Lebhar, grèves à répétition des travailleurs, sont, en effet, autant d’ingrédients d’un cocktail détonant. L’administration rectorale évoque, dans un rapport lu dernièrement devant les élus de l’APW,  des « retards dans la réalisation » des nouvelles infrastructures, tout en appréhendant « une rentrée soucieuse et très difficile à gérer». Selon les termes du même rapport, « en matière de nouvelles infrastructures au niveau des deux campus, Amizour et El Kseur, nos estimations sont de l’ordre de 45 à 50% de taux de réalisation ». En clair, résume-t-on, « aucune infrastructure nouvelle ne sera fonctionnelle pour la prochaine rentrée ». Advienne que pourra des nouveaux bacheliers, dont le nombre, selon les estimations de l’administration rectorale, avoisinerait les 9000 ! « Selon nos prévisions, l’université de Béjaïa s’apprête à recevoir quelques 9000 nouveaux bacheliers », pronostique-t-on. Et 4 680 d’entre eux seraient des demandeurs d’hébergement, soit 52% des effectifs qui seraient reçus au Bac. Toujours au chapitre des mauvaises nouvelles, le déficit en lits, à gérer au niveau des huit résidences universitaires de Béjaïa, serait de 3 280 lits. Ce déficit pourrait s’accroître dans le cas de la restitution à leurs véritables demandeurs des 250 logements sociaux occupés à titre provisoire par 1 200 étudiants ! D’aucuns, d’ailleurs, s’interrogent sur ce « provisoire qui dure », sachant que la décision d’hébergement des 1 200 étudiants de Béjaïa dans ces logements a été prise en août 2012 par Ahmed Ouyahia, alors Premier ministre, pour faire face à un déficit criard en lits. En 2011, rappelons-le, sur les 8 256 bacheliers de la wilaya de Béjaïa, seulement 4 300 d’entre eux ont pu s’inscrire à l’université Abderahmane Mira, soit un taux de 52, 08% du total des effectifs reçus au Bac. Les autres ont été affectés vers les universités de Sétif, Bordj Bou Arreridj et Bouira, notamment. Parallèlement, 1 254 bacheliers natifs des wilayas limitrophes ont été affectés à l’université de Béjaïa. La même année, les besoins exprimés par l’administration de l’université de Béjaïa s’élevaient à 18 000 places pédagogiques, alors qu’elle n’en a bénéficié que de 12 000. La  non-réalisation de nouvelles structures d’hébergement et de nouveaux blocs d’enseignement sur le territoire de la wilaya peut donner lieu à des mouvements de colère, en septembre prochain, comme le redoutent les élus de l’Assemblée Populaire de la Wilaya de Béjaïa. Deux nouvelles résidences devraient être réalisées dans les prochaines années sur les territoires des communes d’El-Kseur et d’Amizour, dont la capacité d’accueil serait de 3 000 lits chacune, soit un total de 6 000 lits. De même, deux futurs pôles universitaires, l’un implanté à Amizour et l’autre à El-Kseur, sont pour l’heure au stade de chantier. L’université de Béjaïa accuse également des « insuffisances » en matière d’encadrement pédagogique, selon des syndicalistes. Cela, explique-t-on, au regard du nombre d’étudiants qui est passé de 8 500, en l’an 2000, à plus de 42 000 étudiants en 2013, affectant, au final, la qualité de l’enseignement. Un véritable imbroglio qui risque de mettre le feu aux poudres lors de la prochaine rentrée universitaire.

Dalil S.


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