jeudi, mai 30, 2013

Commission nationale du droit international humanitaire : L’Algérie se dote d’un nouveau siège

Dans son discours inaugural, M. Charfi, ministre de la Justice, garde des Sceaux, a rappelé que les «règles du droit positif humanitaire ont été posées par l’émir Abdelkader».
Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, M. Mohamed Charfi, a inauguré, mardi soir à Alger, le nouveau siège de la Commission nationale du droit international humanitaire, en présence du président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), M. Peter Maurer.
M. Maurer a tenu à mettre en exergue le fait que l’Algérie accorde une «grande importance à la mise en œuvre du droit international humanitaire». Et s’est dit convaincu que «la commission, créée en 2007, assumera les responsabilités qui sont les siennes en matière de diffusion, de législation et de mise en œuvre du droit humanitaire».
Composée de 24 membres, dont 19 représentants de ministères et 5 représentants d’instances concernées par le droit international humanitaire, cette commission sera chargée de présenter pour adoption, des conventions et traités internationaux relatifs à ce domaine. L’autre mission qui lui est confiée a trait, outre l’organisation de rencontres et forums, à la proposition des dispositions nécessaires à l’adaptation de la législation nationale aux règles du Droit international humanitaire. Mais, d’ores et déjà, la commission a organisé plusieurs cycles de formation au profit de différents secteurs concernés par le droit international humanitaire.
Dans son discours inaugural, M. Charfi, également président de cette instance, a rappelé que «les règles du droit positif humanitaire ont été posées par l’émir» en la forme d’un décret, qu’il prit en 1843.
Partageant cet hommage à titre posthume, le président du CICR n’a pas manqué de relever «la contribution considérable» de l’émir au développement de l’action humanitaire moderne. «Non seulement il a été un précurseur incontesté des principes fondamentaux de cette action, en particulier grâce à son intervention courageuse pour la protection de civils innocents à Damas en 1860, mais il a su également user de ses compétences militaires, diplomatiques et politiques pour mettre en œuvre cette action», témoigne M. Maurer.
L’émir Abdelkader est également «reconnu comme un personnage remarquable, tant pour son engagement politique, que pour son inspiration et sa contribution à la théologie soufie au Moyen-Orient».
Par ailleurs, il convient de rappeler que la codification du droit international humanitaire moderne, également appelé «droit de la guerre» ou «droit des conflits armés», remonte à la première Convention de Genève en 1864, rédigée sous l’impulsion du fondateur de la Croix-Rouge internationale, Henry Dunant.
Cet accord constitue le premier texte qui marque l’universalisation du droit humanitaire, c’est-à-dire du droit et des obligations des personnes en situation de guerre. Si cela peut constituer un fait inédit, l’émir était bel et bien le premier à en parler. Selon Peter Maurer, également très au fait de l’histoire contemporaine du Maghreb, «l’émir avait, bien des années avant l’élaboration de cette convention, exigé qu’un traitement humain soit réservé aux prisonniers».                                        
Fouad I.


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