mardi, mai 14, 2013

Approvisionnement du marché de Ramadhan, commerce informeL… : Les éclairages de Benbada et de Ould Kablia

D.R

Plus de 34.000 étals officiels réalisés d’ici fin mai, 40.000 emplois créés à fin juin dans le secteur du commerce, 785 sites
de commerce informel éradiqués, soit 15.918 personnes recasées à fin 2012, 68 souks el fellah et 240 galeries redéployés.

Toutes les mesures et dispositions nécessaires au bon fonctionnement du marché, tant au plan de l’organisation que de l’approvisionnement, durant le mois de Ramadhan, sont d’ores et déjà prises par les services concernés. Les produits de première nécessité et de large consommation seront disponibles de manière régulière, et des moyens de contrôle supplémentaires seront mobilisés à travers le territoire national pour veiller à la santé et à la sécurité du consommateur. Les ministres de l’Intérieur et des Collectivités locales, et du Commerce, qui ont animé  conjointement une conférence de presse, hier, ont abordé les actions entreprises dans ce sens pour souligner la volonté des pouvoirs publics d’aller de l’avant pour réguler progressivement l’activité commerciale, à travers l’intégration des commerçants informels dans le circuit régulier. Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales a affirmé, à ce propos, que 1.368 sites informels ont été recensés début 2012, soit 63.190 personnes, dont 785 sites ont été éradiqués vers la fin de l’année. L’opération a nécessité la réquisition des locaux des OPGI, des EPLF et ceux relevant du programme présidentiel, lesquels ont permis le recasement de 15.918, a affirmé M. Daho Ould Kablia. Une grande opération a été entamée en 2013 dans le cadre de cette démarche, avec le concours de Batimatec, pour la réalisation de 327 marchés couverts d’une quarantaine de box chacun, soit 3.045 box en structures mobiles avec ridelles et 2.514 box avec systèmes tubulaires sur la base de cahiers des charges incluant une série de paramètres à respecter, dont la proximité des groupements urbains, la facilité du stationnement et de l’accès au marché, le respect d’un type de construction unifié, la conformité aux normes d’hygiène et de sécurité, et la garantie de l’éclairage. Des critères censés assurer un meilleur rendement de ces marchés, a indiqué le ministre. A fin avril 2013, toutes les conventions ont été signées avec l’entreprise désignée, et les ordres de service délivrés. En dépit de certaines contraintes, 165 marchés ont pu être achevés, alors que 119 le seront d’ici fin juin, soit 13.080 emplois, fera savoir le ministre. A fin mai de cette année, enchaînera M. Ould Kablia, 34.537 étals officiels auront été réalisés. Dans ce sillage, un cumul de 40.000 emplois seront créés à fin juin, a-t-il déclaré. Aussi, au titre des 10 miliards de dinars dégagés par l’Etat dans le cadre de la lutte contre le commerce informel, 4 Mds de crédits de paiements ont été octroyés pour la création de 285 marchés avec le concours de l’entreprise MAGRO. Et de relever que 60% de l’objectif devra être atteint début Ramadhan, soit entre 55.000 et 60.000 postes d’emploi permanents créés. Le ministre précisera que la démarche des pouvoirs publics pour la facilitation et la normalisation de l’activité commerciale prévoit une exonération de loyers pour les 6 premiers mois au profit des bénéficiaires de locaux commerciaux.
 
Contrebande frontalière : renforcer les sanctions
Dans sa lancée, M. Ould Kablia annoncera des facilités à l’occasion du mois béni, en autorisant les activités commerciales conjoncturelles. Il ajoutera que les pré-affectations ont débuté pour le cas des sites de Boumaâti, du Ferhat-Boussaâd et d’Ali- Mellah, alors que pour Bab El-Oued, la difficulté réside dans la contrainte du foncier. Le ministre de l’Intérieur a également fait part de mesures destinées à assurer la sécurité durant le mois de Ramadhan. «Nous avons pris toutes les dispositions pour que la sécurité soit assurée durant les veillées et soirées du Ramadhan.» Selon le ministre, les actes de violence enregistrés à Alger, entre autres, ne signifient pas que la ville n’est pas sécurisée, et que ces agissements sont générés essentiellement par la prise de drogues et de psychotropes. Dans le même contexte, il a affirmé que les services de sécurité n’ont pas réprimé les récents mouvements de grève, citant les corps de la santé et les enseignants. «S’il y a des excès, c’est de la part de manifestants et non des services de sécurité qui ont les prérogatives de prévenir et de contenir ce genre de mouvements dans les limites de la loi», dira-t-il. A une question relative au marché parallèle de la devise, le ministre s’est contenté de préciser que ses déclarations à ce propos ont eu des échos et que le gouverneur de la Banque d’Algérie encadre une étude relative à la création d’agences de change. Concernant la contrebande frontalière, le ministre a rappelé que «nous faisons face à deux grands problèmes» à ce niveau, à savoir «les pertes de carburants et trafic de drogue». Il faut apporter des améliorations au code pénal pour renforcer les sanctions à l’encontre des contrebandiers, suggère M. Ould Kablia qui annoncera de nouvelles mesures dans ce chapitre. Le ministre ajoutera que les jeunes des régions concernées boudent les dispositifs d’emploi et l’agriculture, d’autant plus qu’ils ont trouvé leur compte dans ce commerce informel.
Gardes communaux :  halte à la manipulation
Sur 90.000 gardes communaux, 19.000 ont été intégrés dans les rangs de l’armée, 35.000 ont été mis en retraite, le reste étant redéployé dans des postes d’emploi divers. En dépit de ces actions, «certains tentent de politiser les choses sur fond de manipulation de syndicats et de partis politiques», a affirmé le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales. M. Daho Ould Kablia, qui dira l’impossibilité d’insérer ces derniers dans la police communale, «pour des considérations évidentes». Concernant les parkings anarchiques, il soulignera la nécessité de prendre en charge le volet organisationnel par les communes. Pour l’heure, il y a lieu de définir quelles sont les rues où le stationnement devrait être payant. La question reste posée, selon le ministre.
L’éradication du commerce informel doit obéir à une approche claire
Le ministre du Commerce abonde dans le même sens, pour dire que l’éradication du commerce informel doit impérativement obéir à une approche claire. Plus explicite, il précisera que la politique du gouvernement vise à «orienter le jeune vers l’investissement productif» et non vers «le commerce du cabas». En fait, enchaînera M. Mustapha Benbada, «il est insensé que l’Etat concurrence son produit avec son propre argent». Et de souligner que le programme d’investissement dans les structures commerciales de proximité est le premier depuis plus de 25 ans. «Dans une année et demie, plus de 70% des besoins des marchés couverts seront pris e charge», a-t-il ajouté. Sur un autre plan, il indiquera qu’un atelier de travail sera mis en place dans les prochains jours avec, comme mission, l’examen de la gestion de ces structures. Une instruction a également été notifiée aux wali dans ce sens. Le ministre évoquera une instruction interministérielle en gestation pour aborder les pré-affectations de ces sites et leur gestion. Concernant l’approvisionnement du marché durant le Ramadhan, M. Benbada dira qu’un groupe de travail a été mis en place en novembre 2010 et travaille avec le concours des départements de l’Industrie, de l’Agriculture, ainsi que des Douanes. Il s’agit d’un comité de facilitation de l’approvisionnement du marché, a spécifié le ministre. Aussi, une cellule de veille a été mise en place en février 2013 pour observer le fonctionnement du marché et remettre des rapports hebdomadaires au Premier ministre. Une entreprise destinée à surveiller l’évolution des prix et des besoins du marché. Aussi, tous les produits agricoles et agroalimentaires seront présents sur les étals, a rassuré le ministre. Les CCLS, ONILEV, OAIC et autres structures seront associés aux efforts de la tutelle pour garantir la disponibilité des produits de large consommation à l’occasion du Ramadhan, dont les viandes rouge et blanche, le lait, semoule et farine. L’UGTA pourrait être sollicitée pour rééditer l’expérience de 2012, dira M. Benbada. Une campagne de sensibilisation sur la nécessité d’une consommation rationnelle durant la première semaine du Ramadhan est également prévue en direction du citoyen, en collaboration avec l’Association de protection du consommateur.
6.000 agents de contrôle pour surveiller le marché
Rassurant, le ministre a affirmé que des quantités supplémentaires de produits importés, dont les pâtes alimentaires et les huiles (25%), le lait en poudre (27%), le sucre (46%), le concentré de tomate (+30%) sont disponibles. Concernant la viande  rouge, la SGP a élaboré un programme d’importation de 36.000 tonnes de viande  congelée, en sus d’opérateurs privés. 23 opérateurs ont également reçu l’autorisation d’importer la viande ovine fraîche d’Espagne et de Nouvelle Zélande, a-t-il affirmé. Il ajoutera que 12.000 têtes seront réservées à l’abattage pour 2013. 6.000 agents de contrôle seront déployés au niveau du territoire national pour les besoins de contrôle de la qualité des produits, des conditions d’hygiène et des pratiques commerciales. 263 véhicules seront mis à la disposition des agents pour un meilleur cadrage des opérations de contrôle durant le Ramadhan, a déclaré le ministre du Commerce. Le contrôle s’étendra à la publicité, aux situations de monopole, aux chambres froides et aux conditions de production, de conditionnement et d’importation, mais aussi à la conformité aux frontières. Il s’agira de suivre le cheminement du produit et de l’évolution de l’offre et de la demande, dira le ministre. Aussi, tous les congés ont différés après le Ramadhan, a-t-il ajouté.
OMC : des discussions bilatérales avec six pays en perspective
Interrogée sur la question de l’adhésion de notre pays à l’OMC, M. Mustapha Benbada a annoncé la tenue, entre les 21 et 23 mai, à Genève, de discussions bilatérales avec six pays, à savoir la Malaisie, l’Indonésie, le Canada, la Nouvelle Zélande, l’Australie et le Taipei chinois. «Je suis mandaté pour mener les discussions avec l’OMC», a précisé le ministre, pour rappeler qu’il n’est pas en position de se prononcer sur les questions qui dépassent ses prérogatives, faisant allusion aux oppositions formulées par certains partis à l’adhésion de l’Algérie à cette organisation. Concernant l’accord d’association avec l’UE, le ministre dira qu’une seconde évaluation s’imposait pour mieux voir les choses et décider de la suite à lui donner. Et de rappeler que l’Algérie a rétabli certaines positions tarifaires et obtenu le report de la zone de libre-échange à 2020 au lieu de 2017, conséquemment à une première évaluation effectuée en 2009. A propos des anciennes structures commerciales, M. Benbada a déclaré que 468 souks el fellah (68 restants) et 240 galeries (16 restantes) ont été redéployés.
D’autre part, le ministre a rappelé qu’un chantier a été ouvert avec des experts pour étudier la problématique du prix du pain. «Nous sommes en train de discuter avec la corporation des boulangers pour éviter d’entrer dans la confrontation», a-t-il affirmé. Sur un autre registre, le ministre a indiqué que son département a fait des propositions concrètes au ministre des Finances pour le recours au chèque comme mode de paiement. «Le dossier est ouvert», dira-t-il.
Akila DEMMAD
 


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