dimanche, mars 31, 2013

VISITE NOCTURNE À LA COUR D'ALGER : Qu'a-t-on volé?

De nombreuses questions restent en suspens
De nombreuses questions restent en suspens
C'est une véritable scène digne des films policiers de Hollywood. Sauf que là, l'action s'est déroulée au niveau de la cour d'Alger sise rue Fernane-Hanafi à El Annassers.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, cette cour de justice a fait l'objet d'un vol qualifié, perpétré par des individus au nombre indéterminé.
Les assaillants ont ciblé les bureaux situés au rez-de-chaussée et aux premier et deuxième étages, après avoir forcé les serrures des portes.
Des dossiers importants seraient subtilisés, selon des informations rapportés par certains quotidiens d'informations.
Après coup, l'adjoint du chef de la sûreté d'Alger, le chef de la sûreté de daïra de Hussein Dey et le premier responsable de la police judiciaire de la capitale, se sont rendus sur les lieux. Le procureur général près la cour d'Alger, Zeghmati Belkacem, s'est, lui aussi, rendu sur place et a ordonné l'ouverture d'une enquête sur cette sombre affaire.
Qu'a-t-on donc volé de la cour d'Alger? Qui en seraient les assaillants et surtout les instigateurs?
Si les réponses aux deux dernières questions ne peuvent être connues qu'une fois les conclusions de l'enquête tombées, il n'en est pas de même pour la première. La raison aurait voulu que le parquet général rende public un communiqué pour expliquer à l'opinion la nature des documents volés, surtout que l'incident intervient dans un contexte très particulier marqué par l'éclatement de grands scandales de corruption.
L'on se demande, à juste titre, d'ailleurs si des dossiers sensibles concernant l'affaire dite Sonatrach II où sont impliqués l'ex-ministre de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil et Farid Bedjaoui, neveu de l'ancien ministre des Affaires étrangères, Mohamed Bedjaoui, n'ont pas été l'objectif de cette visite nocturne?
Une question d'autant plus préoccupante que les domiciles de Chakib Khelil et d'autres anciens responsables de Sonatrach ont été perquisitionnés ces derniers jours par les services de renseignements et de sécurité.
Cette intrusion nocturne effectuée avec une certaine facilité par les auteurs, puisque le forfait n'a été découvert qu'au lendemain de l'acte, pose d'autres questions toutes aussi intéressantes les unes que les autres.
Comment a-t-on pu pénétrer dans cette structure très sécurisée? Y a-t-il des complicités à l'intérieur même de l'édifice? Qui sont-ils? Quel intérêt ont-ils à commettre un tel vol?
Y a-t-il défaillance en matière de sécurité de la cour?
Ces questions sont légitimes, car on ne rentre pas dans un Palais de justice, de surcroît sécurisé, et par les services de sécurité, et par les caméras de surveillance placées autour de la structure, comme on rentre dans un café d'un village isolé.
L'enquête préliminaire concerne le gardien et les policiers en faction à la cour d'Alger durant l'incident.
Les employés et fonctionnaires exerçant au rez-de-chaussée et aux deux premiers étages de cette cour seront, eux aussi, auditionnés dans le cadre de l'enquête.
En tout état de cause, cette affaire vient étrangement rappeler celle, similaire, qui a secoué l'institution douanière, il y a quelques mois.
Le siège de l'inspection générale des services des Douanes, situé aux Pins maritimes, à Alger, a fait l'objet d'une descente nocturne durant la nuit du 24 au 25 juillet 2012.
Les malfaiteurs avaient subtilisé des micros portables ainsi que des dossiers d'enquête jugés importants.
Il s'agit selon des rapports publiés par la presse, de dossiers liés aux enquêtes douanières, dont celle relative aux affaires d'évasion de devises et de détournement
de recettes douanières.
Ainsi, les dossiers du détournement de près de 700 millions de dinars de la Recette d'Oran, de l'incendie des dépôts des Douanes d'Alger-Port, du vol au dépôt de Sidi Moussa et d'autres dossiers ont été dérobés avec une facilité qui n'a rien à envier à celle avec laquelle la cour d'Alger a été ciblée.
Ces affaires rappellent, si besoin est, que la lutte contre la corruption n'est pas une simple sinécure.

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