mercredi, février 27, 2013

Diabète chez les personnes âgées : Un vieillissement fragilisé

D.R

Avec l’avancée en âge, il est classique de distinguer un vieillissement réussi avec autonomie fonctionnelle complète et un vieillissement pouvant être qualifié de pathologique avec dépendance fonctionnelle irréversible.

Entre les deux se situe la fragilité. Le diabète fragilise les personnes âgées, car il diminue leurs chances de vieillissement réussi et augmente leurs limitations fonctionnelles. Il est globalement possible de conclure à la responsabilité du diabète souvent associé à l’hypertension artérielle dans le déclin cognitif de ces malades, ainsi que dans la fréquence et la gravité des accidents vasculaires cérébraux, des conséquences qui apparaissent comme étant probablement sous-estimées. Chez le sujet âgé diabétique, les accidents hypoglycémiques peuvent entraîner, en dehors de leur impact général sur la morbidité et la qualité de vie, des conséquences fâcheuses sur les fonctions cérébrales et cardiaques.
Selon les diabétologues, il existe souvent une absence de perception des symptômes, les hypoglycémies sévères s’accroient considérablement avec le grand âge, les traitements avec insuline, les comorbidités et les traitements associés. La réduction de la sensation de soif ou encore la détérioration des fonctions cognitives peuvent être à l’origine d’un coma hyper-osmolaire. Comme c’est le cas chez les diabétiques qui s’obstinent à jeûner durant le mois sacré du Ramadan, notamment lorsqu’il survient en période de chaleur.
Ces mêmes spécialistes préconisent que l’autonomie, la comorbidité et le pronostic sont des paramètres objectifs qui doivent être pris en compte dans la décision thérapeutique concernant le patient âgé diabétique. L’adéquation entre les objectifs et les moyens thérapeutiques est donc souvent délicate. La prise en charge du diabète du sujet âgé ne doit pas se résumer à des objectifs glycémiques. Elle devrait aussi porter sur l’environnement familial, psychosocial et économique.
Un nouveau challenge selon  l’expression du Pr M. Belhadj, président de la Société algérienne de médecine interne (SAMI) s’impose donc aux diabétologues et aux autorités sanitaires : améliorer la prise en charge et le traitement des patients diabétiques âgés.
En Algérie, les personnes âgées représentent une population en pleine progression si l’on se réfère aux projections de l’Office national des statistiques, la population en âge d’activité (15 à 59 ans) connaît un léger recul par rapport à l’année précédente, passant ainsi de 64,5% à 64,3%, tandis que la part des personnes âgées de 60 ans et plus continue toujours sa progression et passe de 7,7% en 2010 à 7,9% en 2011. D’ici 20 ans, elle représentera 1/5 de la population générale. Pour ce faire, il faudra anticiper par la formation des professionnels de la santé en gériatrie (médecins, infirmières, psychologues, diététiciennes), par création des services adaptés à cette population de patients et développer les soins à domicile.
Aussi, le maintien à domicile des personnes âgées ou l’hospitalisation à domicile permet à une personne dépendante et/ou âgée de continuer à vivre chez elle sereinement  comme avant, sans changer ses habitudes. La maison prend une place très importante dans leur cœur et dans leur vie quotidienne, c’est pour cela que des moyens doivent être mis en place pour les maintenir chez elles. Exemple : un matelas anti-escarres pour les personnes âgées alitées.
L’accompagnement par un membre ou les membres de la famille formé(s) aux soins élémentaires est primordial pour les maintenir le plus longtemps possible à leur domicile. L’intervention d’un professionnel de santé qualifié en gériatrie régulière apportera des orientations, des conseils et du confort.
Comme l’ont précisé les nombreux experts lors de plusieurs manifestations organisées en faveur de cette pathologie qu’est le diabète chez les personnes du troisième âge, le diabétique âgé, est, pour de nombreuses raisons, en situation de fragilité, ce qui le met en état intermédiaire entre le vieillissement réussi et la dépendance irréversible.
En Algérie, 56,2% des diabétiques développent une neuropathie, 47,1% une rétinopathie, 41% des maladies cardiovasculaires et 31,4% une néphropathie. Les spécialistes estiment que la prise en charge d’un diabétique et particulièrement avancé dans l’âge est pluridisciplinaire et nécessite une éducation et une attention particulière.
Wassila Benhamed


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