jeudi, janvier 31, 2013

LES TRAVAUX DU COMITÉ CENTRAL S'OUVRENT AUJOURD'HUI : Le jour le plus long pour Belkhadem

L'hôtel El Riadh où se tiendront les travaux du Comité central du FLN
L'hôtel El Riadh où se tiendront les travaux du Comité central du FLN
Le parti du FLN vivra aujourd'hui l'une des journées les plus longues de son histoire depuis l'indépendance du pays.
Et pour cause, les travaux de la très attendue session ordinaire, mais décisive du comité central, où le sort du secrétaire général, Abdelaziz Belkhadem et de sa direction nationale seront scellés, s'ouvrent aujourd'hui à l'hôtel El Riadh d'Alger.
Le contexte est d'autant plus explosif que les travaux se dérouleront dans une atmosphère tendue et la tension se fait d'ores et déjà sentir entre les camps adverses.
Le décor est déjà planté. Le premier point à l'ordre du jour pourrait compromettre l'avenir immédiat du parti.
Il s'agit du vote à bulletin secret des membres de cette instance pour décider du maintien ou de la destitution de M.Belkhadem qui, malgré la forte contestation, refuse de démissionner. M.Belkhadem aurait passé certainement la nuit la plus sombre de sa vie hier. C'est tout son rêve qui risque de s'évaporer. Pourtant, lorsqu'il a été reçu sur le plateau de Nessma TV, avant-hier, c'est tout le contraire qu'il affichait. Histoire d'impressionner? A cette occasion, le secrétaire général du vieux parti a récidivé en affirmant d'un côté que le parti «ne traverse pas une crise» et que ce qui s'y passe n'est qu'une «signe de bonne santé» et de l'autre, que les contestataires «sont des gens qui veulent un positionnement politique».
L'invité de la chaîne privée tunisienne a lancé un défi à ses adversaires: «S'ils obtenaient les deux tiers des membres du comité central, ils me retireront la confiance par l'urne.» Minimisant la portée de l'action des redresseurs, Belkhadem a ajouté que «le poids du mouvement de redressement est beaucoup moins important que le pensent certains».
Belkhadem qui refuse de démissionner promet, toutefois, un vote transparent lors de la présente session du Comité central. Quel sera donc le verdict de l'urne?
Difficile à deviner, même si les contestataires disent avoir rassemblé plus de 200 signatures des membres du Comité central qui en compte 351. Difficile, car entre dire et faire existe un fossé qui s'appelle conviction. Les contestataires accusent Belkhadem d'avoir soudoyé un certain nombre de membres de cette instance, mais ceux qui connaissent cet ancien chef de gouvernement et président de l'APN et ses manoeuvres expliquent que ce dernier ne s'aventure jamais dans cette voie. Son ambition démesurée pour la présidentielle de 2014 fait qu'il n'a pas accepté de faire parler l'urne sans qu'une «révélation tombée du ciel ne l'ait rassuré». Son objectif est de gagner en utilisant tous les moyens, la bataille du Comité central, manière pour lui de confirmer une position de présidentiable et représentant du FLN.
Cette fois-ci la tâche est plus compliquée pour Belkhadem, lâché non seulement par une bonne partie des membres du Comité central, mais aussi par des parlementaires des deux chambres et les membres du gouvernement.
Les huit ministres FLN ont demandé clairement à M.Belkhadem, dans une lettre, de laisser sa place à un autre secrétaire général plus consensuel. Ils ne lui reconnaissent d'ailleurs plus aucune autorité.
Jusqu'où pourra donc aller Belkhadem dans sa résistance? Rééditera-t-il le scénario de la session des 15 et 16 juin 2012, lorsque, face au blocage, il est passé à l'épreuve de force pour s'imposer? Les contestataires qui ont tenu, hier soir la dernière rencontre de préparation de la session d'aujourd'hui, accusent, en effet, le secrétaire général de se préparer au même scénario.
Selon eux, des «baltaguia» sont dépêchés sur Alger pour parer à l'éventualité de destitution de M.Belkhadem. Selon toujours les contestataires, le secrétaire général a déjà un plan pour se maintenir à la tête du FLN: laisser le vote se dérouler et dans le cas où la confiance lui est retirée, il fera réagir les baltaguia pour perturber les travaux et les suspendre.
Les adversaires de Belkhadem qui, eux aussi, se préparent à toute éventualité, assurent que si le vote sera propre et transparent, Belkhadem sera dans sa maison, 30 minutes après le dépouillement.
C'est donc dans ce contexte pour le moins extraordinaire, que se déroulera la session ordinaire du Comité central de l'ex-parti unique. Une chose est sûre, les forces de l'ordre déployées sur les lieux de la réunion auront du pain sur la planche.

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