mardi, juillet 31, 2012

Le département d’Etat américain salue les efforts "considérables" de l’Algérie dans sa lutte contre le terrorisme

dans le Sahel "demeure préoccupante".

Dans le rapport mondial 2011 sur le terrorisme, présenté mardi par le coordonnateur de lutte contre le terrorisme auprès du département d’Etat, M. Daniel Benjamin, il est mentionné qu’AQMI "demeure une menace de sécurité importante, principalement dans les régions montagneuses à l’est d’Alger et dans les vastes régions désertiques du sud, proches des pays frontaliers du sud algérien : le Mali, la Mauritanie et le Niger".

Soulignant que cette organisation terroriste cible principalement les forces de sécurité algériennes, et que des civils ont également été blessés ou tués indirectement, le département de Hillary Clinton note que "les forces de sécurité algériennes ont isolé AQMI dans le nord du pays et ont permis de diminuer le nombre des attaques terroristes réussies" de ce groupe.

AQMI, poursuit le rapport, a continué à exécuter des attaques suicide, ainsi que des attaques à l’aide d’engins explosifs à distance et les embuscades dans les zones rurales à l’extérieur d’Alger.

L’enlèvement d’Occidentaux dans les régions éloignées "s’est poursuivi durant l’année 2011 par AQMI qui détient les otages dans le but de recevoir des paiements de rançons lucratifs", ajoute-t-il.

Les responsables algériens, souligne le département d’Etat, "affirment l’existence de liens entre AQMI et d’autres groupes terroristes africains comme Al-Shabab (Somalie) et Boko Haram (Nigeria), et citent, également, des liens criminels entre AQMI et les narcotrafiquants dans le Sahel".

Dans son rapport, le Bureau de contre-terrorisme de Daniel Benjamin établit une liste des principales opérations terroristes menées par AQMI durant l’année 2011 ainsi que les opérations d’enlèvement d’Occidentaux.

Le département d’Etat signale, en outre, que "des tentatives répétées du groupe AQMI d’acheminer des armes de la Libye vers le nord du Mali et le sud de l’Algérie ont été partiellement contrecarrées par les opérations de sécurisation des frontières entre l’Algérie et le Niger".

Sur ce point, il précise que l’Algérie a fermé sa frontière avec la Libye en septembre dernier et "a envoyé des milliers d’éléments des forces de sécurité pour sécuriser cette frontière et empêcher la contrebande des armes".

Par ailleurs, le rapport note que les forces de sécurité algériennes, principalement la Gendarmerie nationale, ont mené des opérations de balayage périodiques dans la région de la Kabylie afin de mettre la main sur les membres d’AQMI.

Le département d’Etat rapporte également que les services algériens de lutte contre le terrorisme "ont coopéré avec les Etats-Unis et d’autres gouvernements étrangers afin de prévenir des attaques terroristes contre les étrangers".

L’Algérie "a continué à participer aux programmes d’assistance antiterroriste du département d’Etat, tandis que des plans ont été établis pour étendre la coopération (algéro-américaine) existante dans le renforcement des capacités en matière d’investigations judiciaires et de sécurité des frontières".

Abordant la lutte contre le financement du terrorisme, le département d’Etat rappelle que l’Algérie est membre du Groupe d’action financière pour la région du Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (GAFIMOAN), ainsi que du Groupe d’action financière (GAFI) dont elle avait accueilli l’une des sessions plénières en 2011.

Sur ce point, le rapport indique que le gouvernement algérien a révisé sa loi de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement antiterroriste de 2005 "pour apporter les modifications nécessaires et se conformer aux recommandations du GAFI".

Plus encore, "l’Algérie a examiné les lacunes de sa cellule de renseignement financier et s’emploie à améliorer les capacités analytiques et les ressources" de cet organe, selon le document. Le département d’Etat souligne que si "elle ne s’est pas dotée de législation spécifique pour geler les avoirs des terroristes, l’Algérie maintient que sa ratification des conventions internationales sur le financement du terrorisme lui donne le pouvoir de le faire".

Dans le chapitre relatif à la coopération régionale et internationale, le département d’Etat rappelle aussi que l’Algérie est un membre fondateur du Forum mondial contre le terrorisme (GCTF), lancé en septembre 2011 à New York.

Dans ce cadre, indique-t-il, "l’Algérie a coprésidé et organisé, en novembre, la première réunion du Groupe de travail du Sahel du GCTF avec la participation de responsables des ministères des Affaires étrangères de 30 pays ainsi que d’organisations internationales pour discuter notamment des questions du contrôle des frontières et de lutte contre le financement du terrorisme".

Il évoque également les différentes réunions des pays du champ ainsi que les visites effectuées en Algérie par les officiels de cette région pour discuter des questions sécuritaires et économiques.

Le document rappelle, en outre, que l’Algérie a mené des consultations périodiques sur le contre-terrorisme avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Russie, l’Italie, l’Allemagne et les Pays-Bas à travers des groupes de contact bilatéraux.

Concernant la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent, le rapport américain cite les différents efforts de sensibilisation (médias, mosquées...) menés par le gouvernement algérien pour endiguer ces phénomènes violents.

Dans son analyse de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, le département d’Etat observe que cette zone "reste l’une des plus actives en termes d’activité terroriste en 2011".

"De nombreux pays de la région ont connu une instabilité accrue à la suite des événements politiques en 2011, et certains terroristes ont tenté d’exploiter cette situation", ajoute le rapport.

En abordant les efforts entrepris par les pays de la région pour renforcer leurs capacités de lutte antiterroriste, le département d’Etat cite notamment le cas de l’Algérie "qui a accru ses efforts déjà considérables pour cibler AQMI devenu de plus en plus isolé en Algérie mais dont la présence et les activités au Sahel demeurent préoccupantes".

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