mardi, juillet 31, 2012

Hatem el Iraki en apothéose au festival arabe de Djemila : “Je viens d’Irak au pays des héros”

Ph. : Wafa

Cinq jours se sont déjà écoulés marqués par cinq belles soirées du Festival arabe de Djemila, qui se déroule comme on le sait à titre exceptionnel cette année à Sétif avant de retrouver, dès la prochaine édition, cette belle ville romaine de Cuicul où cette imposante rencontre aura connu de très beaux jours durant les sept éditions précédentes. Placé sous le haut patronage du Président Abdelaziz Bouteflika et sous l’égide de Mme la ministre de la Culture et du wali de Sétif, le Festival arabe de Djemila, qui est organisé par le commissariat de ce Festival en collaboration avec l’ONCI, aura en effet parcouru bien du chemin en dépit de sa jeunesse et su ainsi se hisser à une place qui lui vaut aujourd’hui d’être animé par de grandes figures de la chanson arabe, dont les sentiments ont toujours été porteurs d’ambition renouvelée et de volonté consolidée par tous ceux qui ont veillé de jour comme de nuit pour préserver l’image de marque de ce Festival. Ce dernier a abrité, souvenons-nous, «Djemila-Baalbeck» en présence de  tous les grands du monde arabe et promu l’image d’un patrimoine aussi riche que varié de l’Algérie. La star irakienne Hatem El Iraki, qui s’est produit en premier lors de cette cinquième soirée, n’a pas manqué d’en faire état, lui qui a chanté le pays des héros et était visiblement très heureux de se produire pour la première fois en Algérie : «C’est avec un réel plaisir que j’ai accepté de me produire dans un aussi beau pays et de participer donc à cette huitième édition. Ce plaisir est doublement partagé que j’ai la chance d’être là au moment où ce peuple héroïque frère célèbre le cinquantenaire de son indépendance. A ce grand peuple, à cette grande patrie du million de chahid, je souhaite davantage de succès et de réalisations, une stabilité sans cesse consolidée et une grande sérénité. Vous ne pouvez pas savoir combien nous avons été touchés depuis notre arrivée par toutes ces marques d’hospitalité, qui est une des vertus du peuple frère algérien, et son accueil que nous n’oublierons pas de sitôt.»
Tous ces sentiments, Hatem El Iraki, accompagné ce soir par un orchestre de douze musiciens dirigés par Haithem Saadoune, les chantera a voix déliée, notamment lorsqu’il entamera son premier succès Ahaboukoum, un message d’amitié et de fraternité du peuple irakien au peuple algérien, «au peuple du million de chahid», soulignera-t-il, avec une sensibilité et une émotion qui ne manqueront pas de déteindre sur un public qui le lui rendra bien. Sur cette grande scène inondée par un flot de lumières et de symboles forts qui balayaient les écrans géants installés dans ce décor, Hatem El Iraqui, ou le roi des «mawals», comme on se plaît à le qualifier en Irak, ne ménagera aucun effort pour porter à bon port ce message, l’instant d’une merveilleuse prestation marquée par la projection côte à côte des deux emblèmes algérien et irakien, alors que de vibrants youyous fusaient de l’esplanade, se hisser à la hauteur de tous ces sentiments qu’il dégageait dans un flot d’applaudissements. L’Algérie, cet enfant du sud de l’Irak, entouré par les plus grands compositeurs et paroliers irakiens, à l’instar de Fatah Allah Ahmed, le poète Karim El Iraki ou son ami et compositeur Salah El Bahr, la chantera encore en interprétant Djena Djena  (paradis). «Je viens d’Irak au pays des héros, je viens féliciter le peuple algérien, le peuple indépendant, que Dieu préserve ce pays et l’inonde de fleurs.» Bel hommage que rendra Hatem à un peuple, une patrie que chantera sans cesse le rossignol du sud de l’Irak, dans un rythme qui fera danser toute l’esplanade, alors qu’elle reprenait en chœur Djena Djena Djena. Les minutes s’égrènent, les heures aussi et sur les écrans géants, l’image de Warda El Djazaïria défile en boucle, de sa plus tendre enfance aux moments fastes de la diva. «Warda, la fleur de tous les Arabes», aura droit ce soir à un hommage merveilleusement accompli par cette imposante formation musicale qui interprétera d’emblée, et sous les ovations du public, Betoueness bik. Dans un répertoire de neuf  de ses succès qu’il chantera lors de cette soirée, Hatem El Iraki se souviendra des souffrances de son peuple, il chantera Ya Mhadjer pour dire l’exode, son exode et celui de bien des compatriotes. Il exprimera cette difficile séparation avec le pays. «Ta séparation n’est pas facile, ta séparation est un deuil», chantera-t-il avant d’interpréter Ya Tayer ya msafer ou alors Safartou, un voyage sans frontières portant à l’esprit l’image gravée de la mère patrie.
Un tour de chant qu’il n’achèvera pas sans interpréter son dernier Chaalouma (comment vas-tu ?) avant de laisser place à la formation algérienne «Balia Diwan El Djazaïr» dans un très beau répertoire de chants gnaoui.
F. Z.


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