mardi, juillet 31, 2012

Djafar Ait Menguellat et le groupe Abranis au théatre de verdure : L’odyssée suit le rythme

Ph. :T. Rouabah

Le public est en transe. C’est la plénitude du contentement. Des youyous fusent de partout. On danse par-ci et on chante par-là.

Dans l’obscurité de la nuit, Djafar, le fils du poète, entre en scène en cette soirée de Ramadhan. Les rimes de sa plume épousent les notes qui s’élèvent des cordes de sa guitare. Le public, subjugué, s’en réjouit. «C’est le fils de son père.» Pour Nadjwa, accompagnée de sa famille, Djafar est tout : «Créatif, sympa… et même génial.» Les sonates lumineuses et enivrantes invitent les âmes sensibles à une odyssée double : musicale et poétique. La recherche des mots savants qu’il emploie dans ses textes est inspirée de la pure sagesse d’un artiste en herbe qui fait partie de la relève. De ses chansons, contenues dans ses albums Anargu (nous allons rêver), Essalhine (les bienfaiteurs), le «fiston» a émerveillé le théatre de Verdure.
Ses perles enchantées «valent bien le déplacement», note Kaci sur un air exalté. De trois, peut-être moins, à 72 ans, les présents offrent leur âme au jeune faiseur de rêves. Des vieilles, des femmes enceintes et même des bébés sont parmi l’assistance. Le fait particulier est la présence féminine. Les jeunes filles sont venues écouter les chansons d’amour. Une sorte de nirvana. L’odyssée suit le rythme d’une valse à deux tons ; poésie et amour s’emparent du public. «On ne se lassera jamais d’écouter cet artiste, l’avenir lui appartient», affirme, tout souriant, un jeune étudiant en compagnie de ses amis. Ce groupe comme la plupart des fidèles reprend en chœur les chansons de Djafar. Une nouvelle page d’histoire d’amour entre le public et le chanteur est ouverte. L’ambiance est indescriptible. Le public, quoiqu’en nombre insuffisant, est aux nues. Seul bémol : la sonorisation. Mais Djafar continue à chanter. A faire rêver. Il joint à sa belle voix une musique triomphale.  
Les tribunes du théatre de Verdure s’enflamment de mille et un feux. Le public est en transe. C’est la plénitude de contentement. Des youyous fusent de partout. On danse par-ci et on chante par-là. Longtemps demeuré à l'ombre de son prestigieux géniteur, dont il est devenu le compositeur, Djafar Aït Menguellet est entré par la grande porte dans la chanson. Les fans de Lounis connaissent déjà les sonorités enchanteresses de la musique de l'héritier. Ils découvrent son talent d'artiste entier et accompli.  Des années d’apprentissage, de labeur, de connaissance et d’héritage qu’il a bien voulu et jalousement développer. D’une modestie remarquable, il reflète on ne peut mieux le profil du fils de Lounis, un père à la didactique ancestrale et authentique. Tel père, tel fils !  Minuit passé, c’est le groupe Abranis qui fait son apparition. Pas une découverte pour le public venu à la rencontre de ses idoles. Les filles et garçons se sont donnés à cœur joie et ont longtemps dansé aux rythmes d’une musique d’une variété exceptionnelle. On joint la parole à la gestuelle. Le groupe a revisité un bon nombre de ses standards de rock et les tubes légendaires de son répertoire tels que Lynda, longuement plébiscité par le public, et bien d’autres tubes. La troupe Abranis : un concept, une musique, un style, une démarche, une philosophie, une équipe. Comme c’est le cas avec Djafar Aït Menguellet, le nirvana est atteint. L’horloge du temps sonne... Mardi consomme déjà ses premières heures. L’odyssée nocturne prend fin.
FOUAD IRNATENE


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