dimanche, avril 29, 2012

Qu'en est-il de la Constitution?

L'élection du 10 mai prochain est qualifiée par les hautes autorités du pays «d' historique». Elle est même comparée au 1er Novembre, date du déclenchement de la Révolution contre le colonialisme français. Les partis politiques, anciens et nouveau-nés, jugent, quant à eux, que voter le 10 mai constituera «un acte patriotique, voire un raidillon contre la menace étrangère», qui planent, disent-ils, sur l'Algérie. Théoriquement, l'enjeu est donc majeur. On le constate. Il est même annoncé crucial. Les 462 députés, qui seront élus parmi 25.000 candidats présentés par 44 partis politiques en lice, auront par conséquent une mission historique, différente des précédentes assemblées que l'on connaît. A en croire le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, cette dernière aura pour mission de débattre et de délibérer sur un avant-projet de Constitution, qui leur sera soumis par le Président de la République. La responsabilité et la mission des futurs locataires de la chambre basse du Parlement sera donc décisive, probante et déterminante.
Il s'agit en effet d'élaborer la Loi fondamentale du pays, qui décidera du mode de fonctionnement de la société. Les futurs députés auront à oeuvrer pour mettre du mouvement dans le statu-quo et remettre les citoyens en ordre de bataille pour amorcer une transition démocratique dans de tranquilles conditions. Un chemin qui conduira à l'instauration d'une Assemblée constituante, chargée d'élaborer les textes de la Loi fondamentale du pays. Dans ce sillage, il sera donc plus aisé de rattraper les décalages enregistrés et oxygéner la vie publique et politique, tout en donnant une impulsion aux forces vitales, tous domaines confondus, pour contribuer à l'édification d'un Etat fort et prospère. Néanmoins, à écouter et à suivre les discours véhiculés par les formations politiques en lice pour le scrutin du 10 mai, qui pourtant s'ingénient à convaincre l'électorat pour se présenter aux bureaux de vote le jour J, il y a lieu de dire que rien n'augure, pour rester modéré, qu'il s'agit d'une «élection historique ou crédible». Outre des promesses qui ne trouvent point d'oreille attentive, de par le territoire national, le discours des candidats est vide de sens et dépourvu de crédibilité. Aucun candidat ou formation politique n'a proposé ou défendu devant les citoyens un projet politique ou constitutionnel devant arbitrer le fonctionnement de l'Etat.
En effet, rien n'est proposé par les futurs prétendants à la chambre basse du Parlement au sujet de la Loi fondamentale du pays, qu'ils devraient pourtant débattre, avant d'en délibérer. Pire encore, aucun parmi les futurs 462 députés ne pense qu'il est nécessaire de proposer un système politique qu'il veut mettre en place, ou quel sera le rôle de la société civile dans la gouvernance du pays. Mais aussi les futurs parlementaires ne donnent pas leurs points de vue sur les relations qui départageront le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, sur la statut de la justice, de la réforme de l'école et de la santé. Ce sont là autant de ratages qui caractérisent cette campagne électorale.
D'ailleurs, si l'on se fie à certains observateurs avertis, il est à signaler que les candidatures constituées, de commerçants, d'entrepreneurs, de chômeurs, d'universitaires fraîchement diplômés ou de personnalités liées aux réseaux politico-financiers, ignorent même ce que sera leurs rôle et mission une fois élus à l'Assemblée populaire nationale. Pourtant, ils seront chargés d'une mission historique. Conclusion: la prochaine assemblée n'aura rien de différent par rapport aux précédentes tant que le seul, voire l'unique souci des participants résidera dans la capacité à se frayer un chemin au Palais Zighout Youcef pour se constituer en porte-voix d'un gouvernement et se limiter au rôle d'enregistrement.

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