dimanche, avril 29, 2012

LA SOLIDARITÉ S'ORGANISE AUTOUR DES GRÉVISTES DE LA FAIM À BÉJAÏA : Cevital dans de sales draps

Les grévistes ne baissent pas les bras
Les grévistes ne baissent pas les bras
Un grand mouvement de protestation s'apprête à se déclencher dans la maison de Cevital dans les tout prochains jours si le patron de cette entreprise ne réintègre pas dans l'immédiat les travailleurs licenciés.
Alors que deux d'entre eux ont été évacués hier en extrême urgence à l'hôpital pour leur prise en charge médicale, la solidarité autour des grévistes de la faim s'organise et prend de l'ampleur. Elle a gagné les réseaux sociaux sur la Toile (Facebook, Twitter...), les associations locales de la société civile, les partis politiques, les candidats à la députation, les organisations syndicales, les deux Ligues des droits de l'homme, les travailleurs de Cevital qui n'attendent qu'un sursaut d'orgueil pour riposter de la plus belle manière... Le groupe Cevital défraie sérieusement la chronique non seulement dans la capitale des Hammadites, mais au-delà. «Silence c'est la liquidation des travailleurs à ciel ouvert, halte à l'esclavagisme des temps modernes, Rabrab Issad, un richissime patron sans état d'âme, résistez chers grévistes, la victoire est plus proche que jamais...» sont, entre autres, quelques expressions postées sur la Toile. Cevital est désormais dans de sales draps. Le patron de Cevital peut-il encore rester insensible et inflexible? Ira-t-il jusqu'au bout de sa logique de liquidation devant cet élan de solidarité sans précédent? Quelles que soient sa position et l'issue de ce bras de fer, le groupe Cevital n'en sortira avec une image que plus ternie. Au total, ils sont sept à avoir été évacués en extrême urgence à l'hôpital depuis l'entame de la grève de la faim. L'un des grévistes n'a pas assisté à l'accouchement de sa femme à la clinique Targa Ouzemour. Supplié et forcé par ses camarades grévistes, il s'est rendu enfin au chevet de sa femme pour prénommer sa fille «Houria (liberté)». Ils entament leur sixième jour de grève de la faim aujourd'hui sans que le patron du plus grand groupe industriel privé, Cevital, réagisse à leur unique revendication, à savoir leur réintégration dans leurs postes de travail, pure et simple. Leur tort est de revendiquer le droit d'avoir des droits. Ils ont été identifiés comme meneurs de grève, puis licenciés. Malgré la pression qui s'abat sur le reste des travailleurs pour éviter toute solidarité avec les grévistes de la faim, la pétition interne pour la réintégration de leurs camarades a atteint 1300 signataires, hier samedi en milieu de journée.
Un grand mouvement de protestation s'active et s'apprête à se déclencher dans la maison Cevital dans les prochains jours si le patron ne répond pas favorablement et surtout rapidement à la revendication des travailleurs. «Il est désormais interdit de toucher à la dignité des travailleurs. Nous avons assisté à des licenciements auparavant sans réaction malheureusement, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Le monde est petit. On peut entendre notre cause à l'échelle planétaire. L'ère de l'esclavagisme est désormais révolue» nous déclarent quelques travailleurs venus en masse soutenir leurs camarades grévistes de la faim. De leur côté, les grévistes se déclarent désorientés par les agissements de l'administration: «Ils nous ont demandé d'introduire des recours auprès de la direction générale au niveau d'Alger, une fois réalisés, ils refusent d'accuser réception pour les transmettre par voie administrative.
Nous les avons alors envoyés en recommandé par voie postale. Pour dire que tous les moyens sont bons pour nous débouter.» De son côté, l'un des avocats des 16 grévistes de la faim du groupe Cevital, un militant acharné des droits de l'homme, s'est déclaré consterné par la manière dont ils ont été licenciés. Ainsi va le secteur privé en Algérie! A la veille de la célébration de la Journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs, une date symbole arrachée après un rude combat par la classe ouvrière contre la bourgeoisie, la question des droits des travailleurs en général, et ceux du secteur privé en particulier, se pose désormais avec acuité. Jusqu'à quand les pouvoirs publics fermeront-ils les yeux sur des dépassements d'un autre âge?

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