dimanche, avril 29, 2012

BÉJAÏA : Sur fond d'indifférence

Douze jours après l'ouverture de la campagne électorale pour pourvoir les 12 sièges parlementaires ouverts, la wilaya de Béjaïa enregistre un désintérêt populaire sans égal. L'engouement constaté par la multiplication des listes pour postuler au poste de parlementaire a produit un effet inverse. Il a porté un sacré coup à la crédibilité électorale. Sinon comment expliquer l'indifférence qu'affiche une grande partie de la population à près de deux semaines de l'entame de la campagne électorale? C'est, en somme, une question de fond à laquelle les pouvoirs publics en charge des affaires politiques du pays doivent impérativement répondre dans les plus brefs délais afin de sauver ce qui reste d'une campagne vouée d'ores et déjà à l'échec. Jamais dans l'histoire des élections, présidentielles, législatives ou locales, la campagne électorale n'a trouvé autant de difficultés à s'emballer. En effet, douze jours depuis son entame, elle fait face à une indifférence aussi bien ancrée qu'organisée. Dur, dur d'accrocher les électeurs, nous avouent quelques candidats, têtes de liste de surcroît. Gagnés par la mal-vie due essentiellement à la dégradation galopante du pouvoir d'achat qui semble impuissant devant la flambée sans précédent des prix de produits de large consommation notamment les fruits et légumes, les citoyens de la capitale des Hammadite en général et ses électeurs en particulier affichent un black-out qui exprime assez bien le mécontentement de la population sur tous les plans. «Comment voulez-vous que je donne de l'importance aux élections qui feront d'une poignée de gens, somme toute préoccupés par leurs intérêts particuliers directs, d'éventuels députés? Comment est-il concevable qu'au moment où la majorité des salariés de la Fonction publique, notamment revendiquent l'amélioration de leurs conditions sociales, douze personnes qu'on élira avec une procédure qui laisse à désirer vont se voir propulser à la catégorie des riches au nom d'un Parlement qui n'a jamais été à l'écoute des masses?» nous déclare un militant syndicaliste de l'Ugta que nous avons rencontré en marge du meeting animé samedi dernier par la patronne du Parti des travailleurs. «Ceux que nous avions à chaque fois élus se sont carrément éclipsés durant un quinquennat pour ne réapparaître qu'à la veille de la campagne pour nous raconter les mêmes choses, et reprendre les mêmes promesses», enchaînera son camarde. En outre, en dépit, de l'indifférence affichée, les acteurs des 42 listes engagés dans la course aux 12 postes parlementaires font de leur mieux pour faire passer leur message en essayant de convaincre leurs sympathisantes et leurs proches d'affronter les difficultés de la campagne électorale. Si on prend en compte le nombre de listes engagées, normalement, la vie quotidienne ne sera agrémentée que par des débats politiques. Hélas, sur le terrain, c'est un autre constat même si chez certaines permanences de partis politiques et des indépendants de «Fidélité», le temps est à l'optimisme. «Nous réussissons une campagne acceptable, voire même plus importante que celle que nous avons menée en 2007» nous affirme Mohand Sadek Akrour, tête de liste du PST. Même avis chez le député sortant qui conduit la liste indépendante «Fidelité». «Je peux vous assurer que nous avons nos partisans et nous regroupons un monde important dans chacune de nos sorties et autres meetings sur le terrain» nous dira Belkacem Meziane. Sur le terrain, on est très loin des ambiances d'autrefois, relativement à la première période de l'ouverture du champ politique. En effet, de nombreux citoyens questionnés sur leurs attentes et espérances quant au scrutin du 10 mai prochain demeurent sceptiques, voire méfiants quant aux promesses des futurs élus à prendre en charge leurs doléances sur tous les plans.

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