lundi, avril 30, 2012

ALORS QU'UNE GRÈVE GÉNÉRALE EST ANNONCÉE AUJOURD'HUI : La situation s'enlise au groupe Cevital

Le siège du groupe Cevital
Le siège du groupe Cevital
La grève de la faim entamée par les travailleurs licenciés est-elle annonciatrice d'un printemps social au sein du plus grand groupe agroalimentaire d'Algérie, Cevital? Au septième jour de grève des 16 employés de ce groupe, la situation ne fait qu'empirer.
La solidarité s'organise et une grève générale est annoncée pour aujourd'hui qui risque de paralyser le Groupe de Isaad Rebrab. Ainsi, la célébration de la journée internationale des travailleurs, appelée communément «Fête du travail» dans la wilaya de Béjaïa, se tient désormais dans un climat de tension sociale qui règne depuis ces derniers jours au sein du groupe Cevital. Ce dernier offre, ainsi, une opportunité sans pareille aux travailleurs pour célébrer cette symbolique date, chère à la classe ouvrière.
A Béjaia, cette date prendra donc une tout autre coloration, et aura un tout autre goût. Le 1er Mai sera célébré en signe de solidarité avec les travailleurs grévistes de la faim de Cévital qui entament aujourd'hui leur 7e jour de grève de la faim illimitée sans réaction du patron de Cevital, Isaad Rebrab. La majorité des syndicats qui activent sur le territoire de la wilaya de Béjaia ont exprimé leur soutien indéfectible à ces travailleurs. Ainsi, plusieurs appels sont lancés pour tenir un rassemblement le 1er Mai devant l'entrée principale du complexe Cevital pour exiger la réintégration sans conditions des travailleurs grévistes de la faim. L'Ugta, le Snapap, la Snte, le Cnapest, l'Unpef ont exprimé leur solidarité avec les grévistes. Chaque syndicat essaie de son côté d'initier des actions pour faire aboutir leur cause. Mais il n'y a pas que les syndicats. Les partis politiques se sont aussi mis de la partie et ont exigé que cesse cette situation à la veille de la fête internationale des travailleurs. Le parti majoritaire, le FLN, a eu à exprimer son soutien lors d'un meeting de campagne organisé avant-hier dans la ville des Hammadites. Idem pour le parti de Louisa Hanoune, connu pour ses positions tranchées et qui ne fait pas dans le compromis quand il s'agit des droits des travailleurs. Sur la même longueur d'onde, le PST très implanté dans le milieu syndical, a alerté l'opinion publique sur les dangers de cette grève. En effet, le PST a été le premier parti politique à avoir dénoncé publiquement la situation et exprimé son soutien. Pas seulement, le parti compte organiser une marche ce 1er mai, de la wilaya vers le complexe Cevital. C'est dire que la riposte est organisée. La cause de ces travailleurs s'est répandue comme une traînée de poudre. Jamais une grève de la faim, ou plutôt une grève tout court, n'a fait autant de bruit. Une action qu'on n'oubliera pas de sitôt, quelle que soit son issue. «Quand de simples travailleurs déchirent la camisole de la peur, brisent le mur du silence et disent les quatre vérités à une puissance financière, à la veille de la fête du 1er Mai, il faut inscrire cette victoire en lettres d'or dans la lutte syndicale», jubile un syndicaliste de Béjaïa. Cevital défraie la chronique au point de devenir le sujet de discussion à chaque coin de rue, dans chaque foyer, dans les cafés et marchés de la capitale des Hammadites. Le conflit s'invite chaque jour dans les débats des candidats à la députation. Sinon, quelle explication donner à cet élan de solidarité qui se concrétise et s'amplifie de jour en jour? Le coin du piquet de grève est devenu un lieu de pèlerinage au nom de la solidarité syndicale. Ils sont nombreux à s'y rendre chaque jour pour manifester leur solidarité et s'enquérir de l'état de santé des grévistes de la faim. «M.Rebrab ferait mieux de revenir sur sa décision avant qu'il ne soit trop tard. Car il sera seul responsable des conséquences négatives qui découleraient de l'action des grévistes et de l'élan de solidarité qui se concrétise davantage», déclare un groupe de syndicalistes solidaires rencontrés sur le lieu du piquet de grève. «Le patron de Cevital risque de voir une simple revendication concernant la réintégration des travailleurs se propager pour gagner d'autres domaines, notamment ceux relatifs à l'environnement», ajoute le même groupe. De leur côté, malgré la fatigue, la faiblesse qui les gagne, les grévistes se déclarent plus que jamais déterminés à aller jusqu'au bout de leur action. «Nous sommes les producteurs de la richesse de Cevital. Aujourd'hui, nous ne lâcherons pas prise jusqu'au dernier souffle de notre vie», déclarent-ils, déterminés. Seule la lutte paie désormais! Les travailleurs grévistes sont à un doigt de la victoire. L'élan de solidarité pour leur cause se concrétise davantage. Les soutiens sont nombreux pour mettre fin à l'arbitraire. Les travailleurs de Cevital, clandestinement organisés, comptent paralyser le complexe aujourd'hui par une grève générale spontanée. Affaire à suivre.

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