mardi, février 28, 2012

CRISE SÉCURITAIRE ET HUMANITAIRE AU NORD DU MALI : Plus de 126.000 personnes fuient la violence

La situation au Mali est hautement préoccupante. Les derniers développements dramatiques dans cette partie de la zone grise du Sahel, confirment la faiblesse caractérisée des armées locales et la grave menace que font peser sur cette région abritant des mouvements de rébellion, les bases d'Aqmi et les réseaux de contrebande de tout acabit, avec l'arsenal des armes et les combattants loyalistes libyens. Cela dénote aussi le contexte sécuritaire particulièrement dégradé dans la zone sahélo-saharienne. Les risques de débordements sur la voie publique, notamment à Bamako, ne sont pas à écarter, selon certaines informations. D'ailleurs, les déplacements au Mali restent vivement déconseillés aux ressortissants occidentaux jusqu'à nouvel ordre. Des informations indiquent qu'Alger installerait des camps de réfugiés à Khamsin, à Bordj Badji Mokhtar. Chaque jour, ce sont plusieurs dizaines de personnes qui arrivent dans l'espoir de trouver abri dans le camp de réfugiés de Khamsin. Beaucoup de ces Maliens se trouvent dans un dénuement total. L'Algérie a autorise ses aéronefs à transporter, à partir du 2 mars, des aides humanitaires en direction de la Mauritanie, du Burkina Faso et du Niger qui ont accueilli chez eux la population malienne ayant fui le conflit armé au nord du Mali, a annoncé lundi à Smara, le président du Croissant-Rouge algérien (CRA), Hadj Hamou Benzeguire. Le président du CRA a précisé que chaque pays recevra deux aéronefs chargés de 60 à 70 tonnes d'aides. «Cette aide sera composée de produits alimentaires de base dont le riz, les pâtes, l'huile, le concentré de tomate, ainsi que le thé et le sucre. Il y aura aussi des bâches et des médicaments», a-t-il fait remarquer. Les assaillants qui mènent des attaques au nord du pays continuent leur stratégie de harcèlement, a rapporté hier la presse malienne. Au problème humanitaire grave s'ajoute un autre d'ordre sécuritaire. L'attaque surprise perpétrée par les hommes armés à bord de pick-ups ciblant une base de vie dans la localité de Gouma-Coura a fait 3 morts et 7 blessés dans les rangs de l'armée et plusieurs morts et blessés parmi les assaillants, selon la même source. Déroutés, ces derniers se sont retirés dans leur base située en Mauritanie. Dans le massacre survenu les 18 et 24 janvier dernier dans la garnison d'Aguelhoc, plus d'une centaine de militaires de l'Armée malienne ont été faits prisonniers, puis exécutés de manière horrible. Alors que les autorités maliennes attestent la participation d'Aqmi aux combats aux côtés du Mouvement national de libération de l'Azawad, ces derniers nient catégoriquement avoir un quelconque lien avec Aqmi. Ainsi, si l'Etat malien incrimine le Mnla et Aqmi, les deux accusés se rejetaient mutuellement la responsabilité. Le Mnla niant que l'exécution sommaire fasse partie de son mode opératoire. Ce pays, l'un des plus pauvres d'Afrique, est confronté depuis la mi-janvier dernier à de multiples attaques de rebelles touareg contre plusieurs localités et positions de l'armée au nord du pays. Ces assauts sont conduits par le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (Mnla). Parmi les assaillants, il y a des hommes armés jusqu'aux dents fraîchement rentrés de Libye, où ils avaient combattu pour le régime de Mouamar El Gueddafi.
Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a demandé 35,6 millions de dollars (26,5 millions d'euros), vendredi 24 février, pour venir en aide à près de quatre-vingt-cinq mille personnes qui ont fui les combats entre l'armée régulière et la rébellion touareg qui secouent le nord du pays depuis la mi-janvier. La somme devrait couvrir les besoins jusqu'en juillet 2012. Selon l'ONU, au total, près de 126.400 personnes ont fui les violences depuis le 17 janvier.
Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha) estime à 61 400 le nombre de déplacés internes au Mali et à 65.000 les réfugiés qui se sont rendus en Mauritanie, au Burkina Faso, au Niger ou en Algérie. «En outre, 7563 Nigériens vivant au Mali étaient rentrés (au Niger) à la date du 20 février», selon l'Ocha, qui souligne «un rythme toujours élevé d'arrivées de nouveaux réfugiés, entre 800 et 1000 par jour en Mauritanie comme au Burkina Faso». Par ailleurs, la France, qui presse les autorités maliennes à entamer des négociations avec le mouvement de libération Azaoued, assurera la remise en état de Mirage F1 de l'armée libyenne, qui possédait une douzaine de ces appareils dans le cadre du renforcement du contrôle des frontières.

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