jeudi, décembre 29, 2011

LES TRANSPORTEURS DE TIZI OUZOU FONT LA LOI : Paie et avance en... arrière!

Paie et avance en... arrière!

Si le nouveau plan de transport a quelque peu donné des résultats appréciables dans la ville de Tizi Ouzou, il semblerait qu'il a causé un véritable désordre dans les lignes communales. En l'espace de quelques mois, toutes les lignes ont connu des augmentations de tarif. Des grands chamboulements dans les horaires ont provoqué une anarchie indescriptible au niveau des villages et des communes. Un véritable laisser-aller règne dans ce secteur. Accablante preuve: les pouvoirs publics, qui ont fixé le prix du kilomètre à 2 dinars, sont les premiers à se mettre hors-la-loi.
La ligne Tizi Ouzou vers les gares intermédiaires coûte au citoyen 15 DA alors que la plus éloignée est à 5 kilomètres. Tout le long de cette semaine, la colère des transporteurs de voyageurs de la région de Boghni a été exprimée de maintes façons. Des journées de grève, des sit-in devant le siège de la wilaya de Tizi Ouzou mais, rien de nouveau à l'horizon. Quelques jours auparavant, ce sont ceux de la daïra de Ouaguenoun qui sont montés au créneau. Une grève de plusieurs jours, des marches et une opération escargot a même été organisée du chef-lieu communal vers le siège de la wilaya. Toutes ces actions, qui n'aboutissent à rien de concret en matière d'amélioration du service, se répètent chaque semaine. Toutes les communes et toutes les lignes sont passées par-là. Des grèves et des marches sans résultat. Aujourd'hui, les citoyens, habitués à ces phénomènes, voire résignés, savent d'avance à quoi s'attendre des ces actions de contestation. Après chaque grève, les protestataires qui n'ont pas eu gain de cause auprès des services des transports de la wilaya annoncent une hausse des prix. Aujourd'hui, il est de notoriété publique que chaque grève des transporteurs soit suivie d'une hausse des tarifs.
En effet, ce phénomène d'augmentation sans aucun argument juridiquement recevable est en train de prendre des proportions alarmantes. Depuis la mise en route du nouveau plan de transport de la ville de Tizi Ouzou, toutes les lignes ont subi une hausse de 50%, voire plus pour certaines. Et il ne semble guère que les autorités concernées soient en mesure d'arrêter ce phénomène qui n'est autre qu'un défi envers l'Etat. La preuve de ce laxisme ou de cette incapacité à maîtriser le secteur apparaît au grand jour, au vu des lignes exploitées totalement par des transporteurs frauduleux sans aucun permis d'exploitation. Selon des témoignages recueillis dans différentes stations, il apparaît que le voyageur, lui, est abandonné par toutes les parties. «Personne ne pense à nous, les voyageurs. Nous sommes ici sous la pluie comme des chats abandonnés», déplore un voyageur au niveau de la gare intermédiaire de Timizar Loghbar.
Questionnés sur l'anarchie qui règne dans ce secteur, beaucoup de citoyens reprochent aux pouvoirs publics leur laxisme. «C'est l'Etat qui ne veut pas régler le problème, un point c'est tout. Ces transporteurs qui font ce qu'ils veulent ne craignent personne. Ils fixent les prix comme ils veulent, font les lignes qu'ils veulent. Personne n'est jamais là pour leur dire: Basta!» s'emporte un autre voyageur.

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