mercredi, novembre 24, 2010

Algérie: Belkhadem répond aux "redresseurs"

"Le journaliste ne remplacera pas la base militante", a déclaré hier le secrétaire général du FLN en référence aux interventions des membres du mouvement dit "redressement et authenticité". La réponse est à peine voilée, même si le patron du FLN, qui a réuni hier au siège du parti les élus locaux d'Alger et les membres de commission juridique de l'APN autour du code communal, n'a évoqué aucun nom. Les cibles sont, sans aucun doute, le ministre de la Formation professionnelle, El-Hadi Khaldi et l'ancien ministre et ambassadeur Mohamed-Seghir Kara qui font l'objet d'une convocation devant la commission de discipline du parti. Kara qui se place en tête de ce mouvement, qui a élu siège à Draria (Alger), a fait l'objet d'une seconde convocation pour comparaître devant la commission de discipline. Sûr de lui, Belkhadem reviendra encore une ! fois sur son interprétation de l'agitation qui secoue la base du parti depuis le lancement de l'opération de renouvellement de ses instances, en réaffirmant qu'il s'agit "d'un signe de bonne santé", a-t-il martelé. Et de préciser que le parti continuera sur cette voie jusqu'à atteindre "nos" objectifs.

"Il s'agit de nous redéployer, de nous rapprocher du militant, pas uniquement pour les élections", a-t-il ajouté en précisant que c'est là "la mission du FLN". "Si on faisait comme tout le monde - comprendre mode de désignation - on désigne et c'est réglé", dit-il en déclarant refuser cette méthode. "On dérange par nos pratiques. Pour nous, c'est l'approfondissement de la pratique démocratique et nous devons continuer. Nous donnons la parole aux militants et que les autres fassent comme nous", dit-il encore. Précision cependant en conclusion de son propos : "Qu'ils ne vous fassent pas peur." Belkhadem ne donnera cependant aucune indication sur le "Ils" qui entretient la confusion entre les autres partis et le mouvement de redressement. Cela d'autant que le message est directement adressé aux élus.

Concernant l'objet de la rencontre, le code communal présenté par le ministre de l'Intérieur devant la commission juridique de l'APN, Belkhadem a présenté des pistes de réflexion pour que ses députés puissent débattre et proposer des amendements sachant que, a-t-il lui-même précisé, le projet de loi a déjà fait l'objet d'un consensus minimal au sein de l'Alliance présidentielle. Il s'agit des quatre principaux objectifs de la révision du code qui ne signifie pas, selon le SG du FLN, une réforme de la commune. Réhabilitation de la considération de l'élu local. Il est question dans cet objectif du statut de l'élu. En second lieu, de l'adaptation de la loi pour la clarification de la relation et des missions de l'administration (tutelle) et de l'élu pour éviter les chevauchements et les empiètements (les interférences) entre les deux fonctions. L'octroi de moyens matériels et humains pour les APC afin qu'elles puissent assumer leur rôle. Il s'agit notamment du volet fiscal e! t des ressources humaines qui doivent être gérés en collaboration avec la tutelle. Enfin, un aspect qui n'est pas contenu dans le projet de loi : la décentralisation et la déconcentration. La décentralisation, selon lui, n'a rien à voir avec la régionalisation. Le concept renvoie à la création de blocs économiquement homogènes. Mais la question doit être posée après le code communal.

Le but final, a indiqué M. Belkhadem, est d'arriver à une loi qui donne à l'administration le rôle de contrôle de l'application des lois, mais sans exercer une quelconque tutelle sur la gestion.

La responsabilité de la gestion de la commune revient aux élus. La déconcentration vise à doter les APC d'instances exécutives techniques, comme c'est le cas dans la wilaya à travers les différentes directions sectorielles. Ce que Belkhadem désigne par "un plateau technique".

Enfin, le FLN propose une solution pour mettre fin au blocage des APC, en donnant la gestion des mairies aux partis ayant la majorité afin d'éviter les assemblées mosaïques. Il propose également la limitation du vote de défiance à un seul par année, tout en le limitant à la première et dernière années du mandat avec un quorum des 4/5 des voix. Le wali se verra le rôle rétréci pour ne limiter ses interventions que dans les cas d'atteinte à l'intérêt général.

source: Liberte

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