mardi, juin 29, 2010

Les psychologues interdits d'enseigner en Algérie?

Une psychologue de formation s'est vu interdire d'enseigner! Ayant exercé en qualité de contractuelle depuis 1998, elle se voit aujourd'hui privée de son emploi d'enseignante dans une école de l'Arbaâ (wilaya de Blida). Mme Houria M, mère de 5 enfants, s'est déplacée à notre rédaction pour exposer ses déboires rencontrés dans l'enseignement.

Elle est frappée par cette «instruction» du ministère de tutelle depuis janvier 2010, alors que les traducteurs et les diplômés de l'Ecole normale de Kouba (Alger) accèdent à l'enseignement sans «protocole». Psychologue diplômée après le cursus des années 1972-1976, et suffisamment pédagogue au vu de sa formation, elle avait brigué et obtenu ce poste d'enseignante de cours primaire et moyen en 1998. Le poste obtenu ne plaisait, en effet, guère aux candidats enseignants. Dangerosité durant la tragédie nationale, éloignement de la ville et de la capitale, esseulement, pas de rémunération pendant les grandes vacances scolaires (juillet, août et septembre)…autant de facteurs, et non des moindres, qui influaient négativement contre une telle affectation pourtant acceptée avec courage et abnégation par Mme Mezghrani. Auparavant, des ingénieurs enseignaient dans les lycées, et ce, en priorité par rapport aux divers licenciés, explique-t-elle. Avons-nous donc reçu une formation différente? s'est offusquée Mme Mezghrani qui relève que pour le comble, elle «n'a été ni titularisée, ni ne peut recevoir son salaire pour la période allant de janvier 2010 à ce jour». Elle a affirmé, en outre, que tous les directeurs qu'elle a rencontrés depuis son exclusion «ne sont pas au courant de cette mesure pour le moins illogique.» La décision du ministère, interdisant aux psychologues d'exercer comme enseignants, est tombée comme un couperet. Cherchant à mieux comprendre le pourquoi de la décision, Mme Mezghrani est alors ballottée d'un ministère à l'autre, d'une administration à une autre…Un cadre du ministère de tutelle reconnaît «l'illogisme» de son cas particulier et l'oriente vers le ministère du Travail qui gère le secteur de la fonction publique. Ce dernier, dit-elle, «m'apprend qu'une dérogation de ce département devrait m'être attribuée alors que seule une équivalence était exigée auparavant». Narrant le processus en vigueur à suivre auparavant, Mezghrani a indiqué que «l'équivalence était demandée par l'Académie avant qu'elle ne soit transmise au CEM. Depuis janvier dernier, c'est l'inverse. Le directeur du CEM prend connaissance du dossier avant de le transmettre à l'académie. Précisant le processus précédent, elle a indiqué qu'auparavant, le directeur du CEM transmettait le dossier de candidature à l'inspecteur, lequel le dirigeait vers l'Académie». Un imbroglio à éclaircir, mais en attendant, une travailleuse, mère de famille, chôme.

source: Lexpression

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