lundi, juin 28, 2010

Algérioe: Scandale du Baccalautéat de l'année 1992

BAC Algérie 1992 – Mettant à profit la commémoration, à Boussaâda, du 18e anniversaire de l'assassinat du président Mohamed Boudiaf, l'ancien ministre de l'Education nationale, Ali Benmohamed, a déterré le scandale de la fuite des sujets du baccalauréat. Benmohamed, pris à l'époque dans la tourmente, dit avoir été victime d'un complot.

Vraie ou fausse assertion de l'ancien ministre de l'Education? On ne sait. Seule une commission d'enquête sérieuse aurait pu dévoiler la vérité sur cette affaire qui a ajouté de l'éclaboussure à l'école algérienne, qualifiée, il faut le rappeler, par feu Mohamed Boudiaf de «sinistrée». Malheureusement, en Algérie, les commissions d'enquête ont rarement été gage de vérité. Aussi l'opinion devra encore se satisfaire des versions, parcimonieuses, il y a lieu de le souligner, des différents acteurs. Benmohamed en a dégainé la sienne propre à propos des fuites des sujets de l'examen du baccalauréat, l'année où il était ministre de l'Education nationale. Le lélecteur notera que dix-huit (18) années se sont écoulées avant que l'ancien ministre n'atteste de sa vérité. Que dit-il ? Il s'exempte de tout reproche. Pour lui, il a été l'objet d'un complot orchestré par des auteurs qu'il ne cite pas. Benmohamed a témoigné qu'il a été reçu par le président Boudiaf le 4 mai 1992 à qui il a fait part de son sentiment de persécution. «Je suis assiégé», s'est-il rappelé avoir dit au président. Ce dernier lui aurait rétorqué : «Je te comprends, mais personne ne t'assiège. » La confession-ci de Benmohamed ne lui a pas été d'un grand secours puisqu'il a attesté que les choses allaient, par la suite, évoluer dangereusement, au point, a-t-il dit, où a été orchestrée une fuite massive des sujets du baccalauréat. «La situation est devenue plus dangereuse, au point où une fuite des sujets de bac a été organisée», a déclaré Benmohamed, s'étonnant, au passage, que «six sujets ont été sortis» et que «même les sujets de réserve ont été concernés. Des sujets qui intéressaient 250 000 candidats. C'était un complot abject.» L'ancien ministre de l'Education nationale, qui s'est mis à l'art de la confession dix-huit ans après le déroulement des faits, a, par ailleurs, affirmé qu'il était en phase avec le président Boudiaf. A une exception près. L'ancien ministre a dit ne pas avoir compris pourquoi le président Boudiaf lui a demandé de surseoir à son projet de réforme de l'enseignement secondaire un mois après lui avoir donné son quitus. Benmohamed a raconté que le président Boudiaf l'avait reçu le 12 mars 1992 pour débattre du projet de réforme de l'enseignement secondaire. Lors de cette audience, a rapporté Benmohamed, Boudiaf aurait acquiescé à l'exposé des motifs du ministre. Selon Benmohamed, un mois après cette audience, soit le 14 avril 1992, le président Boudiaf lui aurait demandé de surseoir au projet. Suite à cela, Benmohamed dit avoir songé à démissionner. Quinze jours après cette recommandation présidentielle, Boudiaf avait commis sa fameuse sentence à propos de l'école algérienne. «L'école est sinistrée», avait-il dit dans un discours à l'occasion de l'installation du Conseil consultatif national (CCN). Benmohamed dit avoir été autant surpris qu'outré par cette sentence. Ce qui l'a conduit à déposer sa démission fin avril. Cependant ce qui est intéressant, c'est que pour Benmohamed «l'école sinistrée» n'est pas une conviction de Boudiaf. «Ils l'ont amené à dire que l'école est sinistrée», a soutenu l'ancien ministre comme pour dire qu'il était, à propos de l'école, en phase avec Boudiaf. Benmohamed est allé jusqu'à dire que la phrase relative à l'école a été glissée dans le discours présidentiel à l'insu du président et que ce dernier l'a lue. Aussi simple que cela ! Faut-il rappeler que le président Boudiaf insistait beaucoup sur le constat d'une école sinistrée. Se peut-il qu'il ait insisté sur quelque chose dont il n'était pas convaincu et qu'il dût lire, selon Benmohamed, par inadvertance ?

source: Le soir d’algerie

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