dimanche, mai 30, 2010

Algérie: L'application des lois anti-tabac, une question culturelle

Algérie – Le Pr Habib Douaghi, chef de service peuno-allergologie et d’oncologie au CHU Hassan Issaad (Beni Messous) a affirmé que l’application des lois anti-tabac était une question culturelle qui s’inscrivait dans la durée. Dans un entretien à l’APS, à la veille de la célébration de la journée mondiale de lutte contre le tabagisme le 31 mai, le Pr Douaghi a indiqué que l’Algérie avait élaboré une série de lois anti-tabac et se plaçait en tête des pays africains qui ont ratifié la convention-cadre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de lutte contre le tabagisme mais, a-t-il dit, « l’application de ces lois est une question culturelle qui s’inscrit dans la durée ».
Pour le Pr Douaghi, la volonté politique de lutter contre le tabagisme existe, rappelant que les pays développés avaient mis un certain temps pour appliquer ces lois que ce soit dans les lieux publics ou les entreprises. Les lois anti-tabac adoptées par l’Algérie visent, selon la même source, l’incitation au sevrage tabagique d’une part, et la préservation des non fumeurs, d’autre part. La sensibilisation au fléau du tabagisme n’est pas menée comme il se doit, selon Pr Douaghi, que ce soit en milieu scolaire et institutionnel ou environnemental. Il a exhorté à la mise en place d’une stratégie nationale à court terme accompagnée d’un plan de lutte contre le tabagisme tout au long de l’année soutenu par des supports tels la publicité, les dépliants et une éducation sanitaire sur les dangers du tabac. La mission de sensibilisation sur les dangers du tabac et le sevrage tabagique, a-t-il estimé, doit être assumée par les médias, les mosquées à travers les prêches du vendredi, par l’éducateur, l’enseignant et le médecin dans les structures sanitaires. Le spécialiste a évoqué la commission nationale de lutte contre le tabagisme qui est, selon lui, « un cadre sans contenant » car elle n’est pas encore dotée des moyens matériels qui lui permettent d’exercer ses missions et d’oeuvrer à la concrétisation des objectifs pour lesquels elle a été créée. L’OMS, a-t-il poursuivi, a imputé l’échec de l’application des lois anti-tabac dans les pays du tiers-monde au fait que les politiciens de ces pays n’étant pas convaincus de cette idée, n’ont pas mis en place une stratégie nationale de lutte contre ce fléau qui sévit dangereusement dans ces pays. Pr Douaghi a estimé que la coordination des efforts de l’Etat et de la société civile était le meilleur moyen de faire face aux multinationales qui ont transféré leurs activités des pays développés qui ont mis en place des lois rigoureuses contre le tabagisme vers les pays africains et la Chine qui n’ont pas encore pris conscience de la nécessité de faire face à ce danger. Les pouvoirs publics des pays du continent, a-t-il dit, doivent savoir que les coûts indirects et les dangers inhérents au tabagisme sont plus élevés que les impôts qu’il génère. L’OMS a choisi de célébrer cette année la journée mondiale en axant sur le tabagisme chez les femmes qui s’adonnent de plus en plus à ce fléau notamment dans les pays du tiers-monde. Le tabagisme constitue un danger beaucoup plus grand chez la femme que chez l’homme pour raisons hormonales. Il produit un effet de « bombe » pour les femmes en âge de procréer s’il est associé aux contraceptifs. Le tabagisme est responsable du cancer des poumons à 90% des cas chez les hommes dans le monde dont 10% des fumeurs passifs.

source: APS

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