vendredi, avril 30, 2010

Les motifs du tapis de Babar (Khenchela), une richesse d'expression étroitement liée aux traditions locales

Le tapis de Babar qui tient son nom du toponyme du célèbre lieu de son tissage (Babar signifiant littéralement porte du lion) étale une diversité de motifs étroitement liée aux us et aux savoirs anciens des habitants de cette partie des Aurès. Selon les animateurs d’un atelier du patrimoine organisé à la maison de la culture Ali-Souaï, dans le cadre du mois du patrimoine, certains motifs du tapis de Babar représentent des bijoux de femmes, des lances et des épées, traduisant un attachement profond aux traditions et à l’artisanat séculaires. Le tapis de Babar est devenu un label à l’échelle nationale au même titre que les autres tapis de renom de Djebel Amour, du M'zab, du Guergour ou de Nedroma. Le soleil, le croissant et des paysages figurent sur ce tapis. Selon de vieilles croyances, encore ancrées dans la région, ces dessins « chassent le mauvais sort » et sont de « bon augure ». Si Lezhar, un vieil artisan de Babar, souligne que le tapis sert surtout à agrémenter l’accueil des hôtes, quel que soit leur rang. Jadis, une maison sans tapis était considérée comme une « demeure nue », dit-t-il. Selon nombre de tisserands, ces motifs ne sont pas des « créations novatrices » d'artisans mais représentent un héritage transmis d'une génération à une autre depuis plusieurs siècles. En dépit du recul de son tissage, dû à l'apparition des tapis industriels à bon marché, le tapis de Babar conserve son authenticité, même s'il ne sert pratiquement plus qu'à décorer les murs des maisons, selon les animateurs de l’atelier dédié au patrimoine ancestral. Trois couleurs y prédominent, expliquent-ils : le rouge, le noir et le jaune, dont l'obtention jadis était grâce à un mélange savant de plusieurs plantes comme le henné, la peau de grenade et l'écorce de noyer. Pour certains spécialistes, l'origine de ce tapis reste incertaine, même si d’autres l'attribuent aux tribus arabes nomades des Beni Hilal, au moment où d'autres estiment qu'il serait plutôt originaire du Moyen-Orient et particulièrement de la grande Syrie (cham). Un tapis découvert dans la ville de Foustat, en Egypte, présente une grande similarité avec celui de Babar et des dynasties Almohade et Almoravide, note le directeur de la culture. Le musée des arts et traditions populaires d'Alger conserve à ce jour un tapis de Babar datant de 1924, selon ce même responsable, qui affirme que des modèles de ce tapis figurent également dans les collections de plusieurs musées de France, dont celui du Louvre, à Paris. source: APS

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